Comme je l'ai déjà dit, ma dernière semaine de vacances a été plutôt badante... j'avais fait tout ce que j'avais à faire pour me détendre, penser à autre chose, recharger les batteries. Je ne voulais qu'une chose: bosser!
Arrive enfin le jour tant attendu, celui du mardi 16 septembre: vous n'imaginez pas ma jubilation en prenant le métro à 7h30 ce matin là... le plaisir que j'ai eu à ressentir à nouveau cette fatigue de "la france qui se lève tôt", à m'emplir les poumons de cette odeur qu'on ne sent dans les gares de la capitale qu'à cette heure là, un mélange de trains, de café, d'after-shave... L'arrivée à Saint-Germain-des-Prés était tout simplement orgasmique: le froid mordant du matin, l'agitation déjà, les gens en retard qui courent, et cette odeur de luxe dans tout le quartier. L'envie et l'ambition de réussir vous gonflent les poumons quand vous passez devant Emporio Armani, Sonia Rykiel, Zadig et Voltaire... Cinq minutes plus tard me voilà devant le 27, rue Saint-Guillaume. La rue est pleine d'étudiants qui ont l'air plus ou moins à l'aise, et moi, le coeur battant, je cherche fébrilement des têtes connues, que je trouve assez vite. Entrée dans le hall, je me crois à Disneyland. Un paquet de deuxième années nous tendent des tracts en veux-tu en voilà, et nous proposent d'adhérer à leur association, de venir à leur meeting politique, de réserver une place pour leur soirée privée... On ne sait plus trop où donner de la tête, mais on parvient tant bien que mal à traverser le hall, dit « la péniche » à cause de la forme du banc qui y trône. On arrive alors dans le grand amphithéâtre Emile Boutmy (fondateur de l'institut des sciences politiques). On pose nos fesses toutes fraiches sur des bancs vieux comme le monde et inconfortables au possible, mais classés patrimoine historique, et on se dit que si ça se trouve le gribouillis sur la table est celui de ségolène ou de chirac... la classe.
Premier discours de Descoing, que j'entends avec un peu plus de recul que la plupart des 899 autres élèves de la promo, qui eux sortent à peine de terminale et vénèrent le directeur comme un dieu. Je suis un peu vexée par sa dévalorisation des classes prépa, et agacée par sa manière de nous faire comprendre que ce n'est pas la peine de nous plaidre du manque de locaux, car s'ils avaient durci les taux de sélection, on ne serait peut-être pas là... Il pourrait avouer qu'on n'est que 200 de plus que la promo de l'an dernier, et que ce chiffre correspond au nombre d'étudiants recrutés à Bac+1. Etudiants que d'après une réforme débile et toute nouvelle, il a décidé de faire entrer en première année et non en deuxième année comme avant... J'dis ça, j'dis rien.
Toujours est-il que je croque à pleine dents dans la nouvelle vie qui s'offre à moi. Le stage d'intégration nous offre des cours de remise à niveau en maths et en économie (vraiment, j'ai hâte d'en faire plus) ainsi que des cours de prise de parole en public, qui consistent surtout à apprendre a se placer, à respirer et à porter la voix devant son auditoire. J'avais peur, mais ce n'est rien de plus que du théâtre... Et comme application, on a organisé des débats, toujours en petit groupe, certains plus sérieux que d'autres. J'ai été assez brillante en impro, quand il s'est agi de dénoncer le rap, ou bien de défendre le port de la barbe pour les hommes. J'ai aussi beaucoup ri quand les sujets étaient « pour ou contre la cornemuse » ou bien « pour ou contre l'hiver »! Une troisième partie du stage comprenait des visites de Paris; j'étais dans le groupe « paris, lieux de pouvoir » et ai dû faire un exposé sur Matignon (devant Matignon... j'aurai désormais beaucoupplus d'indulgence pour les guides, ce n'est vraiment pas facile de parler quand il y a des travaux ou des voitures qui passent derrière vous). Tout ça était très sympathique, ça m'a permis de me faire quelques nouveaux amis; je me suis très bien entendue avec tous ceux de mon groupe!
Vous vous en doutez, a Sciences Po, les beaux garçons sont légion. J'en ai rencontré quelques uns ( un syndicaliste de droite aux beaux yeux bleus et au sourire ravageur, et aussi un beau brun mystérieux qui me fait des sourires craquants quand on se croise... et dont je pourrais bien tomber follement amoureuse!). Mais je prends mon temps, histoire de bien choisir, ou en tout cas d'essayer... ça suffit de ne tomber que sur des tombeurs, populaires mais inacessibles (Apollon, l'ange en Turquie, et ça a l'air d'être le genre aussi du syndicaliste)!
Enfin bon, maintenant n'est pas exactement le bon moment pour partir à la chasse, je suis un peu malade. Oh rien de grave... une anémie... ^^ Si vous voulez tout savoir, mes globules rouges sont beaucoup trop petits, du coup ils ne transportent pas assez d'oxygène, et je me fatigue très vite. Je ne sais pas trop comment c'est arrivé, mais normalement au bout de TROIS MOIS à boire beaucoup et à manger de la viande rouge (moi qui déteste ça... :s) ça ira mieux! Ce n'est pas grave du tout, c'est juste que je suis épuisée en permanence, et je mévanouis dès que je fais un effort (ça comprend prendre le métro ou monter des escaliers). Oh ça donne lieu à des situations assez cocasses... Moi les quatre fers en l'air en plein milieu d'une pharmacie, ayant un fou rire en me rendant compte du ridicule de la situation après avoir retrouvé mes esprits... Moi à peine arrivée à une soirée tombant littéralement dans les bras d'Apollon... Moi tombant de ma chaise à sciences po au moment exact où BG brun se retourne pour me sourire... Moins drôle, moi par terre dans le train un jour de grève à l'heure de pointe... (merci mille fois aux gens adorables qui m'ont tenu la main, essayé de me faire de l'air ou donné du sucre, c'était parfaitement inutile mais tellement gentil et rassurant). En fait ça ne me fait pas rire tant que ça, c'est surtout extrêment gênant. Ca me fait peur à moi, ça fait peur aux gens autour, et je n'aime pas être vulnérable comme ça, avoir besoin qu'on m'aide. Si encore c'était occasionel, mais là ça peut m'arriver n'importe quand, n'importe où, et surtout souvent (deux fois par jour en moyenne cette fin de semaine). Franchement, dans la rue juste devant sciences po, c'est la honte.
Une fois où je me suis fait très peur aussi, c'était dans le métro un matin, il y avait du monde et je me suis retrouvée coincée entre un mur et un pervers dégénéré. Pour info je le signale, c'était sur la 4, il est monté aux halles, était assez bronzé et assez moche, les cheveux noirs attachés en catogan, il portait un sweet bleu clair. Il se serrait contre moi et je me disais que c'était normal vu le monde qu'il y avait. Mais il a commencé a bander, et quand il a mis sa main pour se branler j'ai paniqué. J'ai pas osé gueuler et faire un scandale, j'aurais du peut-être, j'ai essayé de le pousser mais il était bien plus fort que moi. Je suis descendue a la station suivante, malgré qu'il ait essayé de me barrer la route. J'ai changé de wagon, mais au moment ou les portes se refermaient, j'ai vu qu'il m'avait suivie. AAAAAAhhhhh!!!!!! Franchement je vous dit pas la trouille que j'ai eue. Je me suis coincée entre deux personnes, le plus loin possible du pervers, évidemment crise de tachycardie et de tremblements mais j'ai réussi à rester consciente. S'il m'avait suivie a Saint-Germain-des-Prés, je ne sais pas ce que j'aurais fait; je n'étais pas vraiment en état de me défendre. Heureusement, il ne m'a pas suivie cette fois. Ca m'inquiète quand même qu'il sache à quelle station je descends, depuis j'ai peur de le croiser. Quoique la prochaine fois je ne serai pas surprise et je réagirai. Peut-être pas en criant allez vous branler ailleurs, on m'a dit que ce n'était pas terrible et qu'il risquait de me taper, mais en disant quelque chose juste pour attirer l'attention des gens autour, genre pardon monsieur vous m'écrasez, ou bien faire semblant de reconnaître mon voisin.
Pfff quand même ça craint ce genre de situations. Il faut vraiment être tordu! Je ne pense pas qu'il projetait vraiment de me violer, je crois que ça le faisait juste kiffer de foutre les jetons à une gamine. Quand même. Quel gros dégueulasse!
Je saute du coq à l'âne, comme d'hab, parce que j'ai la flemme de faire des transitions ou d'organiser mes articles. J'ai pris ma décision, j'arrête l'allemand et je commence l'espagnol. Je vous ai pas dit vous, mais a sciences po la troisieme année d'études se fait dans une université à l'étranger. Et même si je n'ai jamais fait d'espagnol, mon rêve, ce serait d'aller en Amérique Latine. Buenos Aires, ou alors la Bolivie, ou le Pérou, je ne sais pas encore. J'ai envie à la fois d'être dépaysée et aussi d'être dans une fac pas trop mauvaise. Bon mais je suis fière de moi de m'être inscrite en espagnol, souvent ils déconseillent de lacher une langue qu'on parle déjà bien. Tant pis, et vive l'aventure!
Allez les loulous, je vous laisse là et vous dit... ¡Buenas Noches!


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